Territoires et énergies ? Depuis le début du développement des énergies renouvelables, on peut dire que les territoires ont joué le jeu pour identifier du foncier, accompagner les porteurs, faciliter les dossiers, investir parfois au capital.
De véritables terres d’accueil, qui ont même appris à cartographier des zones d’accélération, les ZAEnR.
Mais qui savent moins bien cartographier leurs besoins électriques de demain.
Pourtant, l’électrification de l’industrie, des transports, du chauffage, de l’agriculture ou du numérique, va profondément modifier la consommation.
Une zone industrielle qui électrifie ses procédés, une flotte qui se verdit, une activité qui s’implante : autant de nouveaux besoins qui peuvent être identifiés, très tôt, à l’échelle locale.
Les instances de planification existantes restent encore organisées autour des objectifs de production, du suivi du développement des EnR et des potentiels énergétiques mobilisables.
On peut se poser simplement les bonnes questions avec les territoires en s’appuyant sur leur expertise d’usage : où faut-il prévoir des électrons, combien, quand, à quel prix ? Et surtout : comment les produire au plus près des besoins ?
C’est la manière de « faire » de Dhooing qui réfléchit en îlots de décarbonation.
Anticiper l’énergie dont va avoir besoin le territoire tout entier, ce n’est pas chercher à transformer les collectivités concernées en autorités organisatrices.
C’est simplement avoir conscience que l’électrification massive ne pourra pas avoir lieu sans les élus et leurs services.
Avec les informations en leur possession, leurs ressources, leur connaissance du contexte, ils sont les accélérateurs du changement.
Les Régions en particulier, peuvent représenter un échelon puissant de cette transformation orientée vers les besoins.
Elles ont l’habitude de mettre en cohérence les grandes lignes de la transition : eau, agriculture, mobilité, biodiversité, industrie, emploi, sans oublier l’énergie.
Aucune de ces politiques n’est jamais pensée isolément. L’eau ne s’arrête pas aux frontières d’une commune, l’électricité non plus. Mais ces ressources posent les mêmes questions de disponibilité et de qualité, de partage des usages, de coûts…
L’énergie peut être pensée dans cette vision transversale de mutualité et de proximité : comment produire au bon endroit, en faire bénéficier l’économie locale, l’innovation, la cohésion sociale…
Le fonds d’accélération de la transition écologique, apprécié des élus, subit des restrictions budgétaires ? Sanctuarisons un fonds d’accélération de l’électrification, qui donne aux territoires les moyens d’entrer en action et de codévelopper leurs propres capacités.
Dans cette dynamique, le développeur privé ne disparaît pas. Son rôle change.
Il met son expertise technique, financière, réglementaire et opérationnelle au service d’une stratégie, plutôt que d’arriver avec un projet auquel le territoire doit ensuite s’adapter.
On change la logique. Un projet énergétique n’est plus seulement un objet que l’on installe sur un territoire. Il devient quelque chose que l’on pense, finance, développe, construit, pour et avec lui.
Une forme de planification qui ne dit pas son nom, solaire et agile.
Dhooing participe au congrès Territoires et Energies 2026 organisé par La Gazette des Communes, L’Usine Nouvelle et Enerpresse.