« 100 territoires d’électrification » : c’est le nom du programme pilote lancé par le Premier ministre pour constituer son Équipe de France de la décarbonation.
Pour en faire partie, les collectivités doivent être volontaires pour porter localement la politique nationale d’accélération de la sortie des énergies fossiles parmi les plus employées au quotidien.
Les communes, EPCI ou regroupements d’EPCI, sélectionnés par les préfets pour servir de démonstrateurs, peuvent viser un accompagnement sur 3 axes : verdissement des transports routiers, remplacement du fioul domestique et planification de la sortie du gaz.
L’approche, bien que verticale, est intéressante parce qu’elle part des usages finaux : mobilité, chauffage, bâtiments publics, logement social, commerce, artisanat, industrie, agriculture.
La transition en action par une logique de substitution, d’innovation, de conduite du changement. Excellent.
L’expérimentation de transformation pilotée par l’État doit refléter la diversité de nos régions. Avec à la clé une organisation s’appuyant sur nombre d’acteurs, d’indicateurs et de dispositifs déjà existants.
À la fois une force, en termes d’ingénierie disponible, d’outils de planification, de coordination.
Et une limite : le risque d’une usine à gaz administrative soumise au phasage des comités de projets, de pilotage, d’arbitrage, et où, justement, la coordination de la complexité opérationnelle peut prendre le pas sur l’action.
Entre les deux, est annoncé un appui à la communication et à la sensibilisation pour « aller vers » les premiers concernés : autorité organisatrice des transports, opérateur de poids lourds, industriel, agriculteur, commerçant, artisan, citoyen.
Notre avis : toute occasion de faire savoir aux acteurs des territoires, professionnels comme particuliers, qu’il est possible de déployer, à côté de chez eux, des solutions leur permettant d’accéder à une énergie propre, produite localement et à coût maîtrisé dans le temps, est bonne à prendre.
C’est la raison d’être de Dhooing.
Jusqu’ici, le débat sur l’énergie se concentrait surtout sur les moyens de produire (nucléaire, éolien, solaire) et de transporter l’électron.
« 100 territoires d’électrification » ouvre l’opportunité de déplacer le débat vers les moyens de consommer : boucles locales, mobilité verte, chaleur, froid, stockage, gaz industriels…
Vulgariser ces sujets, c’est déjà accélérer. On ne peut que souhaiter aux collectivités volontaires et à leurs partenaires de réussir leur démonstration.
Et devenir ainsi autant de modèles reproductibles pour l’ensemble de nos 35 000 communes et 1 250 EPCI.
Avec, comme bonus, une mise en récit nationale des bénéfices concrets de chaque initiative locale de décarbonation.
Ce que l’Élysée, qui compose sa propre Équipe de France de l’électricité, appelle « passer des trajectoires au concret ».
Accélérer la décarbonation en partant de solutions adaptées aux potentiels locaux ? Impossible pas Dhooing !