Les îlots de chaleur sont la conséquence d’une morphologie urbaine devenue inadaptée.
Ils révèlent les vulnérabilités d’un modèle pensé sous climat tempéré, largement minéralisé, sous végétalisé et fondé sur les énergies fossiles.
Le résultat visible, c’est celui d’une chaleur extrême subie, avec des citoyens rôtis souffrant de canicules qui s’intensifient.
Chez Dhooing, nous défendons une autre géographie : celle de l’îlot de décarbonation s’appuyant sur une énergie choisie, renouvelable, capable de produire localement une électricité « à tout faire », y compris rafraîchir les espaces lorsque cela devient nécessaire.
Mais « à quoi bon climatiser si on n’a pas réfléchi à la manière de rafraîchir les rues ou d’assurer la continuité des transports, de l’eau potable, de l’assainissement et de l’électricité. Le problème est aussi de savoir comment produire du froid et pour répondre à quels besoins vitaux, à quel moment » prévient ce weekend dans Ouest-France la géographe Magali Reghezza-Zitt, auteur de « Bienvenue en 2055. Dans un monde neutre en carbone. » (Editions du Seuil).
C’est tout l’enjeu. La décarbonation n’est pas qu’une succession de solutions techniques. C’est une vision d’ensemble des territoires, de leurs infrastructures et de leurs besoins énergétiques. Et des bénéfices induits par l’usage d’une énergie zéro carbone, 100 % locale.
Les médias, concentrés sur les 40 degrés à l’ombre, n’aident pas à la compréhension.
« Nulle part il n’est question de neutralité carbone, d’électrification, d’industrie, de transports décarbonés. Toutes ces solutions, qui sont à portée de main, personne n’en parle », déplore l’experte en adaptation des territoires.
L’ancienne membre du Haut conseil pour le climat n’hésite pas à citer l’exemple de la Chine, qui « continue certes à brûler du charbon et à polluer beaucoup » [mais] « est devenue leader sur le marché de la production décarbonée. Elle construit désormais un appareil industriel orienté sur les usages : voitures, camions, vélos électriques, hauts fourneaux, pompes à chaleur, appareils ménagers ».
C’est précisément l’ambition des îlots de décarbonation portée par Dhooing à l’échelle des territoires : rapprocher la production des usages, renforcer la résilience locale et faire des électrons décarbonés un outil d’adaptation autant qu’un levier de compétitivité.
Face à la menace crédible de journées à 50 °C, « un avenir neutre en émission de gaz à effet de serre est désirable », nous dit la scientifique.
Notre alerte : il est urgent d’écouter les scientifiques ! Journalistes météo, faites passer l’info. Montrez autant la carte des températures que celles des causes et des solutions.