Produire de l’habitabilité ?

Plus de 30 ans que les scientifiques du GIEC nous alertent sur les phénomènes climatiques qui vont devenir plus intenses, plus précoces, plus tardifs, plus fréquents.

Le dérèglement annoncé se traduisait, jusqu’ici, par des « épisodes » extrêmes de gel, de grêle, de sécheresse, de canicule, de précipitations, d’inondations.

Des évènements anormaux dans un climat normal.

Dans le climat transformé, les anomalies deviennent une nouvelle norme.

Le pays tout entier a lui-même enregistré, cet été, l’anomalie thermique la plus forte du globe, autour de +2,8 °C.

Au point de se confiner au rythme des canicules à répétition et d’espérer des périodes d’accalmie.

« Que nous restera-t-il si l’on commence à ne plus aimer l’été ? » s’interroge une citoyenne dans Le Monde daté du 15 août. Manière moins dramatique de dire que, ça y est, nos maisons brûlent et nous n’avons plus d’autres choix que de regarder.

Il nous reste à continuer d’agir pour atténuer cette situation de bascule, quand l’exceptionnel devient le nouveau référentiel.

Et si le climat de référence change, c’est tout le référentiel de la transition qui doit lui aussi changer pour accélérer. Non plus seulement pour produire de l’énergie décarbonée et réduire les émissions. Mais pour produire de l’habitabilité dans les territoires.

La concertation peut apporter cette nouvelle dimension aux projets, réunir des acteurs aux intérêts différents autour de la table pour se demander collectivement comment une ombrière, une centrale solaire, un parc agrivoltaïque, des batteries de stockage, peuvent servir à imaginer de nouveaux équipements ou services de proximité alimentés en autoconsommation.

Produire de l’habitabilité en concertation, c’est avoir la conviction qu’une énergie zéro carbone, 100 % locale, doit pouvoir se réfléchir en termes de solutions concrètes, collectives, d’atténuation, d’adaptation, de protection.

C’est cette nouvelle forme de coopération que vise notre réflexion en îlot de décarbonation : ne plus penser un projet énergétique isolément, mais comme le point de départ de synergies choisies pour agir localement sur les usages et les besoins.

Que nous restera-t-il si nous n’entrons pas maintenant en action ?

Illustration : hommage à Yayoi Kusama (22 mars 1929 – 14 août 2026)