Une installation agrivoltaïque n’est pas une exploitation agricole

L’audition en CDPENAF des porteurs de projet agrivoltaïque n’est plus un droit garanti depuis une mise à jour (26 mai) de la loi de simplification de la vie économique.

Dans les faits, cette audition démarre dès les premières étapes du projet dans un dialogue continu avec le territoire.

S’assurer du soutien des élus, accompagner en pédagogie l’instruction, avancer en concertation, travailler les objections, les malentendus, les pistes d’amélioration, les opportunités d’interaction avec le vivant, l’environnement, l’humain…

L’avis favorable recherché, c’est celui de tout un territoire, qu’il faut conquérir par la qualité du dossier. Un temps long d’explication amont.

Qui doit faire comprendre qu’une installation agrivoltaïque n’est pas une exploitation agricole se résumant à des hectares de panneaux.

Autrement dit : un projet agrivoltaïque n’est pas un parc solaire auquel on ajoute une activité agricole pour alibi.

L’agrivoltaïsme est une brique. Qui peut être utile dans un système plus large. Pour préserver la ressource en eau. Améliorer certaines conditions de culture ou d’élevage. Contribuer à la pérennité économique de l’exploitant. Ou d’un collectif d’exploitants.

Mais qui ne remplacera jamais une réflexion agricole globale, a fortiori si elle concerne un groupement d’agriculteurs.

Notre conviction : un système agrivoltaïque ne doit pas se réfléchir uniquement à l’échelle de la parcelle équipée, mais à celle de toute l’exploitation agricole.

Cette solution ne peut se concevoir qu’en écoutant les besoins de chaque agriculteur, sa réalité d’entrepreneur, ses contraintes, sa trajectoire.

L’enjeu : identifier les parcelles les plus pertinentes au regard de la SAU.

Installer des panneaux sur des terrains où « il ne pousse que des cailloux » n’a pas beaucoup de sens si les structures ne créent pas de meilleures conditions de production agricole.

À l’inverse, il ne faut pas exclure par principe les bonnes terres. Un projet peut être pertinent sur une parcelle productive s’il démontre qu’il sécurise le rendement, améliore la qualité, réduit l’exposition aux aléas climatiques ou permet une meilleure valorisation agricole.

L’agrivoltaïsme, ce n’est pas promettre « plus d’agriculture grâce au solaire ».

C’est démontrer, exploitation par exploitation, que ce système peut représenter une réponse agricole pertinente avant d’être une opportunité énergétique.

Passer d’un champ couvert de panneaux à un projet agricole consolidé, diversifié, viabilisé, grâce à des parcelles agrivoltaïques : c’est cet équilibre qui doit se coconstruire tout au long du développement.

Au-delà de la quête de l’avis favorable, c’est aussi faire grandir l’idée que les énergies renouvelables peuvent être une chance et faire évidence pour l’agriculture, si elles sont pensées comme des outils au service de l’activité agricole.

Pas seulement une rente foncière, mais un vrai levier d’électrification et de décarbonation.

Une opportunité aussi pour les exploitants : celle de renouer les liens avec leur territoire, en lançant par exemple des projets d’autoconsommation collective concertés avec les voisins, alimentés par une électricité zéro carbone, 100 % locale et fière de l’être.

#Lagoodénergie