C’est l’été. La période pendant laquelle les journaux quotidiens publient des articles en feuilletons.
Dans Les Echos du 13 juillet, un premier épisode d’une série intitulée « Les âges de la Terre (et de la vie) », revient sur « La naissance apocalyptique » de notre planète, il y a 4,567 milliards d’années (estimation à quelques millions près).
À cette époque et en résumé, notre monde naissant est tout sauf accueillant : en fusion, bombardé d’astéroïdes, enveloppé d’une atmosphère irrespirable et éclairé par un Soleil faiblard rayonnant à 75 % de sa puissance actuelle.
« Si un tel Soleil s’élevait au-dessus de nos têtes, nous n’aurions plus de réchauffement climatique : la température moyenne passerait de +15 °C à -45 degrés °C. Et pourtant, il fait chaud » pointe l’auteur, Yann Verdo.
L’explication de ce paradoxe, appelé « paradoxe du jeune Soleil faible », tient à la composition de l’atmosphère de l’époque : dioxyde de carbone, ammoniac, méthane, monoxyde de carbone, acide cyanhydrique.
« Bref que des bonnes choses – mais l’effet de serre, au moins, est garanti. »
La vie serait ainsi née d’un équilibre improbable, avec une planète capable de réguler progressivement son climat en dépit d’une atmosphère épaisse en GES et d’un Soleil trop faible.
Notre extrapolation : la faiblesse du jeune Soleil n’a pas empêché les océans et la vie de naître parce que la planète tout entière formait déjà un système.
Le paradoxe du jeune Soleil, c’est celui de notre transition énergétique d’aujourd’hui : une planète qui continue à dépendre massivement des énergies fossiles alors qu’elle est capable de produire une énergie largement décarbonée, avec des technologies, en particulier solaires, matures, fiables, compétitives.
Ce « PJS » souligne enfin une chose essentielle : l’énergie n’agit jamais seule.
Sa valeur dépend du système dans lequel elle circule et interagit, de la manière dont elle est captée, transformée, stockée, distribuée et utilisée.
Le sujet n’est plus uniquement de produire davantage d’énergies renouvelables.
L’enjeu est de connecter davantage l’énergie renouvelable aux usages de tous les jours.
Le défi est d’intégrer une fois pour toute que l’électron n’est plus une finalité.
Avec les territoires au cœur de l’action.
Pour relier une centrale solaire à une entreprise. Associer la production au stockage et à la flexibilité. Organiser des boucles énergétiques locales à partir d’un îlot de décarbonation. Donner aux industriels, aux collectivités et aux citoyens la possibilité de choisir un électron propre, compétitif et disponible au moment où ils en ont besoin.
Pour développer une énergie domestique.
À l’heure caniculaire où le Soleil fixe des conditions radicales d’habitabilité de notre planète, la trajectoire vers le zéro net des émissions de CO2, de GES, de méthane, apparaît plus que jamais comme la solution vitale pour l’humanité.
La décarbonation : une question d’énergie cosmique ?
En légère surchauffe, l’éditorial de Dhooing s’accorde une pause fraîcheur et vous donne rendez-vous dans quelques semaines.
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