L’annonce des premières mesures du grand plan d’indépendance énergétique a produit un impact inespéré dans le contexte des totems aux stations affichant 2,5 euros le gazole : populariser l’idée qu’il faut remplacer le pétrole par l’électricité.
Punch line officielle : « faire de la crise énergétique une opportunité ». D’aucuns auraient préféré une tournure plus positive, comme « faire de la décarbonation une opportunité », mais le job est fait : tout le monde en parle, à la machine à café ou à essence (face caméra).
Une vraie communication intermédiée dans laquelle les médias ont joué leur rôle… d’intermédiaires, pour relayer gracieusement le message d’intérêt général : face au risque grandissant de pénurie d’énergie, consommons plus d’électricité !
Tout bénéf pour le SIG, service d’information du gouvernement, qui n’a pas eu à financer le lancement d’une grande campagne de com.
A une autre époque, entre 2 chocs pétroliers, on conseillait aux Gaulois de chasser le gaspi en roulant moins vite sur les autoroutes et d’éteindre la télé après 23h…
De l’opulence sans soucis, remise en cause par les chocs pétroliers des années 1970, nous sommes donc passés à la prise de conscience d’une abondance d’électrons décarbonés. 2026, année du choc électrique.
La crise iranienne a réussi là où le conflit ukrainien a échoué : mettre en action l’évidence de la transition énergétique, qui plus est sans opposer entre elles énergie nucléaire et renouvelable. Un petit exploit compte tenu des polémiques qui ont retardé de 3 ans la publication de la PPE3.
Une trêve obtenue au nom de la convergence des luttes face à un ennemi commun, nuisible à notre portefeuille et invisible dans nos territoires : les énergies fossiles.
De là à saluer le retour en grâce des visibles, il y a encore du boulot pour convaincre nos concitoyens.
En tout cas, le service après-vente des émissions zéro carbone a multiplié les slogans à la gloire du French mix énergétique sur tous les tons.
Ce qui n’était pas prévu ? Le retour en grâce du charbon ! Au Japon, en Inde, en Italie, bientôt en Allemagne… Sans oublier la Chine, qui continue d’installer des centrales tout en multipliant capacités nucléaires et renouvelables.
La transition suspendue à un grand moment schizophrénique. Un « scénario dystopique de l’énergie » selon l’expert Thierry Bros cité par la journaliste Elsa Bembaron.
Exit la peur du retour à la bougie, évacuée l’injonction de la sobriété, la fée électricité va tout arranger ? Sous réserve de continuer de communiquer en profondeur sur les bénéfices de la transition et d’expliquer la vision d’ensemble de la décarbonation.
Vite un nouvel arrêté relatif à la publicité dans le domaine de l’énergie, fixant le nouveau message lisible, audible et intelligible : « L’électricité est notre avenir, consommons-la ! »
L’électricité est notre avenir, consommons-la !
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