Baisser la production d’énergie décarbonée ?

Ou augmenter sa consommation ?

That is the question qui agite le débat quand le prix du mégawattheure entre dans une spirale négative, jusqu’à atteindre le plancher autorisé, moins 500 euros le 1er mai entre 12h45 et 14h30. Premiers fautifs de ce record historique : la fête du travail et la météo.

« En fin de journée, le prix était à nouveau positif et frôlait 100 € du MWh » fait remarquer Elsa Bembaron dans l’un de ses articles qui expliquent toujours bien les enjeux (comme celui de l’obligation d’achat, une charge pour l’État estimée entre 8 et 10 milliards € pour cette année).

Baisser la production serait le levier le plus facile à manier, « mais il comporte le risque de maintenir le pays dans sa dépendance aux énergies fossiles. »

Augmenter la consommation est autrement plus complexe, tant ce levier repose sur un temps long, celui des dynamiques de transformation : incitations, comportements, usages.

Qu’en pense la profession ? Réponses en cascade dans Les Echos sous la plume d’Amélie Laurin :

« Le Covid et la crise énergétique de 2022 ont détruit 5 à 7% de la demande électrique en Europe. » (Emeric de Vigan42 ADVISORS)

Or, « ce qui pèse le plus dans la formation des prix, c’est la faible consommation électrique. » (Mathieu PierzoRTE Réseau de Transport d’Electricité)

Conclusion : « il faut utiliser de nouvelles lunettes pour lire la situation. » (Xavier BarbaroNeoen)

Notre avis : la France a toujours disposé des compétences nécessaires pour assurer l’amélioration continue de son système énergétique. Mais le système a tendance à oublier de vulgariser, de se mettre au niveau du consommateur.

Au lieu de décider que c’est trop compliqué, partageons plutôt la vision d’ensemble avec le plus grand nombre. Pour qu’au moins le sujet de l’énergie ne replonge pas dans la spirale des émotions.

Pas évident avec la présidentielle qui s’annonce au printemps 2027.

Car derrière les questions liées aux prix négatifs, on voit bien celle qui revient comme une tornade dans l’actualité : pour ou contre le développement de nouvelles capacités ?

Certains, par conviction, croyance, idéologie, proposent d’y réfléchir en diabolisant d’office des orientations et des solutions qu’il n’est pas forcément pertinent d’exclure localement.

L’énergie est un sujet trop sérieux pour ne pas être concerté dans les règles.

À l’échelle d’un territoire, elles impliquent d’avancer sans idée préconçue et de prendre le temps d’écouter les consommateurs, élus, entreprises, citoyens, pour bien cerner leurs besoins, définir ensemble la combinaison des meilleures options possibles.

L’objectif : fabriquer collectivement ces nouvelles lunettes qui donnent à voir l’avenir énergétique d’une activité économique, d’un site industriel, d’une exploitation agricole, d’une collectivité.

Et l’envie à chacun de décider, de participer, de devenir acteur de sa propre solution.

#lagoodénergie